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mardi 22 mai 2012

le miso, ferment de la culture japonaise

Takahashi san enseigne le "repas japonais " à l'université d'Art et de Design  de Kyoto et invite régulièrement des professeurs spécialisés dans tout ce qui touche à l'alimentation traditionnelle japonaise.
Aujourd'hui c'est une grand-mère péchue qui va nous guider dans la production du miso maison.
Tout d'abord elle nous explique que les recettes en cuisine ce n'est rien , nous sommes réunis aujourd'hui tous ensemble et la connaissance passera par l'expérience commune que l'on vivra. ce sont nos doigts et notre cœur qui devront inscrire la recette dans nos mémoires et non quelques ingrédients sur un papier.
La nourriture est vivante , surtout le miso véritable bassin de bactéries qui évoluent à chaque instant, aussi cuisiner cela commence par aller chercher soi-même ses ingrédients, rencontrer ceux qui les font , c'est rentrer dans l'expérience de la cuisine, en choisissant des ingrédients vivants .
Chosir  des légumes de saisons, au printemps ceux-ci nettoient notre corps des excès de l'hiver ( senzai, fuki take..). Cuisiner c'est suivre la vie, médecine naturelle. Pour raviver notre appétit les parfums du printemps se font séduisants quant ceux de l'hiver sont plus discrets ' légumes racines) mais pour autant  généreux.
Cette grand mère nous rappelle que manger local permet de côtoyer les producteurs , de ramener la conscience de la vie dans nos assiettes. Cela  accompagne également l' adaptation naturelle du corps aux plantes consommées  et cela crée  avec le temps la vitalité nutritive des terroirs.
Si on arrête de consommer "terroir" on perd son identité en tant qu'homme relié mais aussi dépendant de la terre nourricière . On devient " sans terre" .
On doit toujours se poser la question de savoir d'où vient la nourriture que l'on mange, comment a t'elle été faite et refuser la nourriture industrialisée ou trop délocalisée , étrangère à notre corps et donc plus difficilement assimilable.

Le sel est un ingrédient nécessaire à la fermentation, les japonais pensent que c'est l'origine de la vie, celle des océans.  Ainsi le Japon se perçoit  comme une culture du vivant  car les japonais consomment cette alimentation fermentée depuis des siècles.
C'est inscrit dans leur corps mais aussi dans leur manière de penser, tout est transformation, impermanence  et pour eux la vie est mouvement.
Il n'y a pas d'ingrédients réellement bons ou mauvais ( au delà des excès cités ) , nous sommes un organisme en constante transformation, en constante fermentation , unique dans son équilibre et son déséquilibre et c'est en écoutant son corps , son intuition , son jugement que l'on peut lui donner ce dont il a besoin et qui évolue aussi en fonction des circonstances ( physiques mais aussi émotionnelles, géographiques...)
Le miso maison est sympathique mais cela ne vaudra jamais les miso traditionnels qui sont fait dans des lieux à forte concentration de bactéries.
Pour la leçon d'aujourd'hui nous avons reçu le Koji ( riz fermenté) du Korihiku , du nord du Japon, réputé pour avoir les meilleures bactéries :
Directions : 
Ingrédients : haricots 800 g / Koji 1kg / sel 500 g / bouillon 600 cc
On cuit les haricots 3 heures à l'eau ( démarrer à froid)+
On les mélange au sel et au koji +
On écrase les haricots au suribashi +
On pétrit ensuite moitié sel/koji et moitié boules de haricots , avec le centre de la main , sortie du Ki, la force vitale. Selon la professeur ceci insufle également de la force de vie à la nourriture , de la même manière si on cuisine avec le troisième oeil, celui du front et que l'on se concentre , on aligne naturellement nos chakkras et c'est tout notre corps qui se trouve lié à ce qu'on cuisine par le "tandem" ( centre énergétique , 2 cm en dessous du nombril, le même espace que l'oeuf de zazen)..
On ajoute petit à petit du bouillon de cuisson pour arriver à une consistance argileuse et on fait des boules que l'on jette dans une jarre en terre , et que l'on applati régulièrement.
On laisse 15 cm pour mettre un plastique et une pierre dessus, il faut faire très attention à ne pas laisser d'air.
Ce miso sera à consommer un an après au moins et jusque 3 ans après sa fabrication selon que l'on désire un goût plus ou moins sucré, ou plus ou moins fort ( plus vieux).
Aujourd'hui c'est un  jour de fête car on ouvre le miso de l'année dernière , deux jarres pour deux goûts différents , l'un est digne d'un grand munster ! un vrai régal, l'autre a un goût plus insipide , de l'air est passé et la fermentation ne s'est pas épanouie correctement.

cliquer sur la légende pour voir l'album de l'atelier 

La cérémonie du Thé de Nakazawa san


Nakazawa San est un maître de thé de son temps. De la plus pure tradition Omote senke et ayant étudié avec les plus grands il est devenu une figure emblématique de cette école.
Sa mission est claire ,   il veut rappeler aux  japonais leur identité   en se proposant d'amener les cérémonies de thés  dans les entreprises, dans l'esprit de la modernité déjà amorcé par le maitre  zen Nishijima qui apportait Zazen au coeur de l'entreprise dans les années 70 à Tokyo. 
A sa manière, c'est un rebelle , en croisade contre les repas tout fait et les conversations entre deux coups de fil. Il réapprend aux japonais ce que c'est que de prendre son temps et de  faire la conversation pendant que l'eau chauffe à petites braises, il les réconcilie avec le temps de la contemplation face à un ikebana ou un poème évoquant l'impermanence inexorable des choses ... et ils adorent
Il prépare aussi les fameux Cha kaiseki ,( à l'origine de menu traditionnel Kaiseki) où les mets servis sont créés pour  permettre aux invités d'attendre l'eau du thé qui chauffe.
Nakazawa san m’emmène au pays des shoguns , à son écoute je traverse les siècles pour faire des joutes de thés ( les touchas) comme au 15ème siècle ou simplement contempler un bol à thé Raku ( 16ès) qui révèle l'harmonie de l'imperfection naturelle, l'accident contrôlé.
Il m'explique que l'évolution de la consommation  du thé en cérémonie  au Japon révèle de quoi les japonais  sont faits (même si eux mêmes  l'ont oubliés ! ) : un mélange de Shinto, de Tao et de zen , dans le silence de la contemplation et la conscience de l'éphémère, essence de  la cérémonie du thé.
Inspirée moi aussi , je m'empresse après notre rencontre de me rendre à la maison de thé de kamakura pour y déguster comme il se doit une wagashi et un macha.
( je recommande cette  adresse située derrière Komachi dori,  maison  qui dépend de la société Sablé et qui  propose un set d'environ 600 yen pour un macha et une pâtisserie de saison)
ET pour contacter nakasawa sensei  et participer à une classe de thé : nakazawasoju.jp


L'album complet ici en cliquant ici:  


samedi 28 avril 2012

Dans la montagne de Kyoto






En mode gypsy  avec  les amis de la maison de Kamakura, nous partons  en voyage vers les îles du Shikoku avec en chemin des arrêts  chez les amis des uns et des autres qui tous partagent un Japon "post- naturel". C'est au café Millet que nous avons commencé notre excursion vers Miyama, dans un très bel endroit tenu par Juri et son mari. Dans la maison d'enfance de Juri ils ont rénové l'endroit pour en faire un café et propose des stages, principalement de pain grâce à un four traditionnel dans lequel  David et Junpei ont déjà officié !  Ils proposent également une cuisine végétarienne et  différents ateliers en fonction des amis qui passent. L'endroit est décoré avec un goût certain, un mélange de campagne française surannée enveloppé d'une touche de design contemporain et on s'y sent vraiment bien. Avant de repartir Juri nous a offert un genre de " pain gâteau" à la banane et aux épices , un vrai régal, pendant que son mari mettait en post le shio koji ' sel à base de riz fermenté) qu'ils vendent à la boutique. 
Ils font partis de cette génération tranquille qui reviennent avec élégance aux valeurs authentiques du Japon, et plutôt que de s'inquiéter de la radio activité vivent déjà le plaisir de dessiner le nouveau japon.

Nous sommes allés ensuite voir Ryoko, une autre amie de Nakamori san, qui vit également dans une maison auberge rénovée  dans la plus pure tradition japonaise jusqu'au bain chauffé au bois et vue sur la montagne. Avec son mari, ils ont également un potager en agriculture naturelle ( shizen nounou) et proposent une cuisine simple  dans leur café quand ils ne louent pas   la maison  à la semaine. Ils cherchent à réduire leur énergie électrique au minimum et se chauffent au bois grâce à des poêles européens et  utilisent l'eau de la mini rivière devant la maison pour générer la lumière extérieure grâce à une roue de bicyclette customisée ! :)  
Je crois qu'on ne peut pas trouver mieux dans le genre post nuclear zen!
Cette maison fait partie de tout un réseau à Miyama qui comprend également un village agricole dédié aux écoles et divers potagers bio avec des chalets à louer. Miyama est aussi la région connue pour  ses  maisons aux toits de chaume : les Kabuyaki mura et des petites auberges de soba de grand mères qui ne payent pas de mines mais qui sont délicieuses!

lundi 5 mars 2012

Daizu revolution: le miso de kenchan


Les photos de la journée ici https://photos.app.goo.gl/nmvtyAqTERbBZXBb6


Kanazawa san habite à Chiba et cultive avec sa femme Kaoru, les haricots de soja ( dais). kan chan est un designer et il y a un an et demi il a décidé de changer de vie pour cultiver ce qui participe à l'âme japonaise après le riz, les haricots  de soja! 
Son fils de quinze ans Rinpei a décidé d'arrêter l'école et depuis  qu'ils sont "installés " ( c'est quand même très roots , pas d'eau chaude, pas de toilettes raccordées, et pas de chauffage cela va sans dire) il s'occupe admirablement à faire des objets électriques avec ce qu'il trouve autour de lui ( lampes , baffles audio ) et il est vraiment doué, le plus petit  lui, continue l'école .
Kan chan est, comme beaucoup de japonais que je connais,  conscient de la gravité de la situation mais ne veut pas fuir devant sa part de responsabilité .
Il essaye plutôt de proposer à son niveau un mode de vie pour lequel moins d'énergie sera necessaire et il est également très proches des projets liés à la culture du chanvre censé nettoyer les sols de la radio activité . Il est lui même en train de demander une license afin de tester in situ ce qui pourrait devenir l'espoir du Japon.

Il y a 200 espèces de haricots de soja et en arrivant  je vois Yuko et son amie , écosser les graines de petits haricots noirs séchés ( mini kuro mame).
Aujourd'hui on fait le miso et hier c'était la récolte du shoyu ( sauce de soja) que nous fait goûter kaoru.
Pour le shoyu on prend des haricots de soja que l'on fait bouillir , on ajoute du koji de blé ( mugi koji ), le koji est un riz pré fermenté auquel on ajoute du sel, de l'eau et tous les trois jours on remue... pendant 8 mois et c'est prêt.
Alors c'est sûr c'est du boulot mais c'est vraiment une tuerie , cela n'a juste rien a voir avec ce que l'on achète , l'umami nous éclate en bouche.
Kaoru s’occupe à temps plein des daizus et les vend sur les marchés, ils font également fabriquer du nattou dans une entreptrise de Miyagi dont la bactérie est très bonne. Ils font ce nattou avec 3  vérités qu'ils cultivent.
Sinon il font aussi un peu de millet qu'ils font sécher à l'ancienne dehors.
De l'été à l'automne ils cultivent  les edamame, ( jeunes haricots encore vert que l'on fait bouillir  pour les déguster avec un peu de sel). On peut aussi en faire à  partir des kuro mame.
et pour faire du kuromame cha ( tisane de kuromame)  on fait sécher les kuro mame deux mois et ensuite on les torréfie.

Au déjeuner c'est le sake kasu de saison que l'on retrouve dans tous les plats:
le sake kasu est ce qu'il reste après avoir fait le sake et comme à côté il y a la fameuse distillerie Terrada honke , qui n'utilise que du très bon riz et koji pour leur sake , le sake kasu est aussi excellent.
Donc au menu nous avons pu goûté:
De la kasujiro , miso shiro faite de sake kasu , poireaux, carottes, tofu, gobo, choux, et miso;
Du sakekasu ae salada: carottes , patate douce et daikon bouillis mais encore croquants avec une sauce au beurre de cacahouète et sake kasu ;
des tsukemonos de kikuimo ( entre le gingembre pour la forme et la pomme de terre au goût ) que l'on a fait macérer dix jours dans un peu  sake kasu, mirin et un peu de sake.
Des satsumae imos sucrées et sautées au sésame noir
tout cela accompagné d'un très bon riz moelleux à souhait , ni trop ni trop peu.
 Et au coin du feu de cette chaumière de 150 ans d'âge on s'est vu redevenir  des humains qui partagent ensemble un  repas simple mais succulent , heureux  de vivre !

Ici ils font aussi leur vinaigre de pommes: mixées les pommes pus laisser fermenter une année, et si on met du sucre cela fera du cidre, d'autres y avaient pensé!
et maintenant pour la  recette du miso de kan chan : 
On fat cuire pendant 4 heures au feu de bois ( c'est mieux ) les haricots de soja puis on les égoutte.
dans les daizus il y a de la saponime et on peut se servir  de l'eau pour se laver les cheveux ou en boisson  (quand ils sont bios les haricots sont très sucrés et rendent une eau agréable au goût.) Sinon quand cela refroidit cela forme une gelée dont on recouvr( ait ) traditionnellement les murs des chaumières ( mais comme il n'y en a plus , de chaumières...)
Ensuite on  prend soin de laisser refroidir les haricots avant de les mélanger à la Koji afin de ne pas laisser  les bébêtes mourir .

Au japon selon ls régions on utilise du koji de blé ( mugi ) plutôt dans les régions chaudes et du koji de riz , dans les régions plus froides.
Les proportions sont pour un kilo de haricots secs ( trempés une nuit et bouillis) :
entre 350 et 400 gr de sel / 1 kg de koji / 5à g de miso déjà fait pour aider les bébêtes à se reproduire mais ce n'est pas obligé)
On peut aussi choisir entre la genmai koji ( riz complet fermenté) ou koji de riz blanc.
On mélange le sel avec la koji en effritant bien les grains puis on ajoute les daizus et on mélange bien à la main pour que nos bébêtes se mélangent aux bébêtes de la koji.
On met ensuite cette préparation dans une machine à steak recyclé pour la bonne cause  ( si on est un professionnel)  sinon un presse purée peut faire l'affaire.
On récupérer la pâte et on fait des boules que l'on place au fond d'un grand sceau.
On prépare un bac dans lequel on met un plastique et on jette littéralement les boules dedans afin qu'elles s'écrasent sans laisser passer d'air. Entre deux rangées on appuie à la main pour bien tasser. et on continue le lancé de boules!
On ferme bien son sac en entortillant bien le haut du plastique qui doit dépasser et on y met dessus un sac de plastique renfermant du sel, ceci pour éviter la moisissure qui se forme au contact de l'air.
On conserve le miso toujours à moins de 26 degrés afin d'éviter un développement excessif des bactéries qui le rendrait trop fort.
Pour faire du shiro miso on met 30 pour cent de koji en moins et on conserve le miso au frais pour arréter la fermentation dés qu'il est prêt.
On laisse fermenter en moyenne un an mais il y a des miso de trois ans plus fort en goût.
En gros le miso c'est comme le fromage , il y en a autant que de région ,et chaque artisan sortira un miso différent.

Le 18 mars prochain il y a la fête de la fermentation à Shimousa kozaki "okura festa" qui rassemble chaque année 40 000 personnes , tous fan de fermentation et de tradition.
Cette fète a été initiée je crois par Terrada honke , également basé dans la région et très connu auprès des férus de bon sake !

Kanchan m'explique que le Japon est le pays de la fermentation qui de fait rend la nourriture vivante ( grâce aux bébêtes!).
On fait le miso en hiver quand la nature hiberne , au printemps ça se réveille et les bebètes aussi , en été c'est la fète avec un taux d'humidité de 70 pour cent qui multiplient les bactéries , en automne on se calme et en hiver dodo.
Cette vague des saisons donne le bon goût à la nourriture fermentée, encore aujourd'hui , base du repas japonais ( nattou, shoyu , miso).
C'est certainement parce que la fermentation existait tait déjà avant l'arrivée du bouddhisme que la notion de nourriture vivante est si bien "cultivée" au Japon .

Ici un article ( anglais)  écrit en novembre 2011 sur le mouvement de Daizu revolution et l'association Toziba



mercredi 1 février 2012

De la gastronomie anti radio active, on en a rêvé, Shinji l'a fait!!

Ah Shinji , quand tu remets tes cheveux en place .... et oui Shinji est très beau et en plus il est sympa, intelligent et marié aussi.
Mais plus que tout cela Shinji est un personnage central du paysage " post nuclear zen" de Kamakura .
Mais un peu d'histoire,
Shinji a vadrouillé pendant 5 ans sur les routes d'Amérique du sud avec pour seul bagage un sac à dos et son envie de rencontrer le monde. Pendant ce voyage il a beaucoup appris sur lui grâce aux autres , et auprès d'eux il s'est familiarisé avec l'art de se guérir naturellement.
Il apprit aussi des anciens certains massages, le pouvoir des plantes , une certaine appréhension de l'âme et du corps et comment les préserver .
Mais après quelques années il s'est finalement rappeler qu'au japon aussi , il y avait un véritable savoir ancestral thérapeutique, et qu'il était temps de retrouver ses racines.
Il rentra pour étudier cette manière holistique de guérir basée sur les mouvements naturels du corps, le Seitai ( http://www.spms.ecp.fr/perso/jmk/seitai.html) et s'en inspira pour ouvrir son cabinet de thérapeutique traditionnelle.
Pendant 5 ans il aida de nombreuses personnes à se soulager de leurs maux et pu voir le pouvoir de guérison naturelle du corps mais la frustration d'être consulté toujours trop tard et dans la passivité eut raison de ses bonnes intentions. Il comprit que la meilleure des médecine était d 'aider les gens à s'aider eux même, à se responsabiliser face à leur santé pour ne pas tomber malade et que la meilleure des préventions était dans notre assiette.
Aussi en fin gourmet et tout autant cuisinier il décida d'ouvrir son restaurant Magokoro , pour se faire du bien, tout simplement .
Durant ces études il renoua également avec la macrobiotique originelle japonaise qui repose sur une alimentation céréalière de 8 graines, dont le chanvre , plante médicinale par excellence aux nombreuses autres vertus.
Jusqu'au 12ème siècle , les japonais se nourrissaient principalement de ces graines ( chanvre, millet , petit millet, blé, orge, soja, haricots rouge et riz) de produits fermentés ( nattô, miso), de tsukemono et de légumes et poissons grillés.
Il étudia les vertus de ces céréales pour découvrir que le Japon et le chanvre marchent ensemble depuis les origines et que sa disparition n'est qu'un accident de parcours" ( et on dit que le bouddha se serait nourris uniquement de ces graines durant sa période ascétique)
Les maisons ont toujours été isolées grâce au chanvre afin de garder la fraicheur en été et la chaleur en hiver, de même que les vêtements . Dans l'agriculture il permettait  de revivifier les sols en jachère et nutritivement c'est la plante , avec le lin,  qui contient le plus d'oméga 3  (entre autres ).
On le trouve aussi  dans les laques de tradition, dans les temples shinto , c'est clair le japon est le pays du chanvre!
Mais si j'en parle aujourd'hui c'est que de très sérieuses expériences prouvent que le chanvre cru permet de revivifier également les cellules du corps notamment en cas d'exposition radio active, (eh oui! quand même)!
De plus , des murs fait avec du chanvre protège de cette même radioactivité et cela jusque kamakura où chaque matin , un homme relève les niveaux de taux de radio activité dans les mêmes endroits , et chaque matin c'est au Magokoro, dont les murs sont fait avec du chanvre, où il y a des vêtements faits de chanvre et où on cuisine au chanvre, que le niveau reste le plus bas!!!
Donc , pour Shinji c'est clair , la solution est dans l'histoire des japonais , il faut réhabiliter cette plante au plus vite, et lui c'est dans sa cuisine , excellente au passage , qu'il a commencé.
Mais il a aussi le projet d'en élever dans le Tohoku afin de commencer à reconstruire dés que possible des maisons avec du chanvre.
Quand on sait qu'en ce moment certaines habitations sont reconstruites avec du sable contaminé on se dit que c'est peut être une vraie bonne idée, d'autant que cela pourrait accélérer de dizaines d'années le renouvellement du sol.
Perso moi le chanvre j'ai adopté! au ptit dèj quelques graines dans mon tofu banane ou le midi dans mon riz complet , un peu d'huile de chanvre et de gomashio , noir,  et c'est nickel.
Bref le chanvre ça peut faire rire , mais c'est loin d'être une blague!
Et voici un article sur son restaurant: http://shizuokagourmet.wordpress.com/2009/11/20/organic-delights-in-kamakura/

et d'autres photos du Magokoro ici 

samedi 26 novembre 2011

Keiko et le Holy basil



Hier le "kamakura Inaka deluxe theater" a organisé un workshop sur la plante de Holy basil.
C'est une plante médicinale ayurvédique qui est considérée comme la reine des médicaments en Inde.
Keiko a habité 17 ans en Italie dans une communauté d'agriculture bio' eynamique et était aussi cuisinière dans un restaurant de pâtes. Elle est revenue au Japon il y a 3 ans et étudia avec le professeur Kawaguchi à Nara, suiveur de Futusoka, créateur de l'agriculture naturelle au Japon.
Depuis 2 ans maintenant elle s’occupe du potager de kamakura et essaye de promouvoir le holy basil sous toutes ces formes.
Il y a 3 plantes de cette famille qui rentrent dans la médecine ayurvédique , Rama, Krishna et Veda et elles ont chacune des propriétés médicinales spécifiques.
En thérapie ayurvédique où l'on choisit telle plante plus particulièrement pour rééquilibrer la santé d'une personne ou plus généralement dans un état d'esprit préventif , le Holy basil est la déesse des plantes.
Dans cet atelier , choisit à la date de la pleine lune , on arrache les pieds des holy basil qui ne durent qu'une année pour les faire sécher et replanter au printemps.
Le holy basil est bon pour purifier l'air et il est conseillé de garder un pot dans sa chambre la nuit durant la floraison (6 mois de l'année).
Pour célébrer cette cueillette, un concert improvisé au milieu des champs un peu de amazake et quelques douceurs vegan dont les délicieux cheese cakes et cookies de yoshiko chan ci dessous et quelques autres de mon cru sur lacuisinedevalerie.blogspot.com.Tout cela aromatisé au Holy basil bien sûr!
Les cheese cakes de Yoshiko:
La pâte à tarte :
140 g d'amandes ( préalablement trempées 6 heures)
140 g de dattes
une pincée de sel
mélangé au robot et faire durcir une heure au congélateur puis l'étaler dans un petit moule à tarte .

L'appareil à la vanille ( c'est nul comme nom , l'intérieur quoi!)
300 g de noix de cajou ( trempées 2 heures avant)
100 g d'huile de coco
4 càs de jus de citron
2 càc d'essence de vanille ( mais en France moins certainement)
140 g de sirop d'agave
2 pincées de sel

Tout mélanger au robot et conserver au congélateur;
retirer la tarte une à deux heures avant de servir selon la température de la pièce .



Pour la version chocolat :

Mélanger au bain marie le chocolat avec un peu de lait de soja et ajouter à la pâte puis mélanger le tout.

De mon côté j'avais fait un flan de holy basil à la compote de pommes et du chocolat au Holy basil (  faire fondre du chocolat  selon les règles du tempérage  et mettre des plantes dedans puis le laisser prendre ).


et il y avait même du amazake au holy basil  qui avait cuit toute la nuit!

Et le soir , autour du dîner fait entre autre de "vegemaito", produit végétalien à faire sauter nous avons aussi goûter  les tsukemono de keiko qui a une recette originale:
Dans un contenant fermé mettre des légumes avec un peu de miso, du sel ( si on peut un peu de koji , le ferment de riz et du sucre ) puis on laisse macérer maximum une semaine les légumes qui deviennent des tsukemono.
On garde le jus pendant plusieurs semaines en y remettant régulièrement des navets, carottes, concombre, choux qui seront prêts en quelques heures.

lundi 7 novembre 2011

Le potager naturel de Jun kun à Tokushima



Jun kun est un ami de Hayama qui comme beaucoup est parti du coin pour trouver un endroit plus clément.
Ce n'est pas tant la radio activité qui a fait que beaucoup de gens sont partis mais un sentiment d'urgence à réaliser ses désirs et pour Jun Kun cela a toujours été de trouver un lieu de vie où il pourrait avoir sa maison et son potager et vivre sans avoir à travailler beaucoup autrement qu'à ce projet.
Il est venu plusieurs fois à Inaka deluxe et s'est inspiré de l'agriculture naturelle mise en place par David , Phil et maintenant Keiko, aussi il était naturel que David et Keiko ait envie de lui rendre visite.
Il habite au fond de la montagne , sa maison ne se fait voir qu'après un chemin uniquement praticable en land rover et cela ne nous la fait apprécier que mieux!.
C'est un endroit magique où l'air est d'une pureté incroyable et où l'énergie de la montagne est très présente.
Jun kun a commencé son potager au printemps et il s'en nourrit déjà pleinement , nous sommes restés une soirée et une journée et ce fut un vrai cadeau que de le voir dans la maison qu'il a remis sur pied au milieu de son potager déjà si généreux.

kappa Dojo, a real zen life

J'ai rencontré Noda san quand il était le révérend en chef de Sôjiji avec 350 moines à gérer. C'est un homme rare dans le bouddhisme japonais d'aujourd'hui car il reste proche de la tradition zen originale basée avant tout sur la pratique zazen et le samu (ménage, potager et cuisine).
Les temples qui permettent une pratique de ce genre et les hommes qui les dirigent se comptent sur les doigts de la main et Noda en fait partie.
J'ai voulu le rencontrer pour me proposer comme aide dans son nouveau lieu où il cultive des herbes et cultive un potager tout en pratiquant zazen avec des gens qui ont besoin de se reconnecter à la vie.
C'est par un heureux hasard ( mais y en a t'il?...) que Nakamori san du Lucky island project m'a proposé d'aller avec lui à sa rencontre car il l'avait déjà contacté afin de lui proposer de participer au projet Lucky islands et celui de Inaka Deluxe avec le Holy Basil et un RDV était déjà pris.
C'est donc finalement en bande que nous sommes tous allés le voir dans les montagnes du Shikoku et ce fut une très belle journée.
J'y retourne fin novembre pour y vivre quelques semaines et recevoir toute l'inspiration nécessaire au livre, car ici je sais que le concept de vie propre à la cuisine zen se transformera en expérience.Yoshiko viendra certainement aussi en tant que spécialiste des plantes qu'elle utilise beaucoup dans ses massages ayurvéda et très intéressée par la cuisine shôjin également.
Noda a été enthousiasmé par le Holy basil il est prévu de revenir au printemps pour le planter et venir faire de la musique sur ces magnifiques xylophones que le Dojo fabrique à partir de la pierre striée de cette montagne.